| Sous le titre alléchant (pour les artistes velléitaires que nous sommes) "Marcel Brient, collectionneur privé", de plus sous titré "Marcel Brient est l’un des rares collectionneurs français de stature internationale", Corentin Hamel brosse un portrait sous forme d’interview d’un homme qu’il nous dit, en préambule, avoir rencontré il y a quelques temps et dont il s’est rendu compte, au fil des conversations, de l’ampleur de la collection. Que nous révèle de neuf cette interview d’un collectionneur si différent des autres ? Son obsession de posséder des oeuvres qui “vont prendre une place dans l’histoire de l’art” contraste t-elle vraiment avec le marché spéculatif que nous observons en ce moment ? Curieux, notre homme nous apprend que ses acquisitions ne sont pas visibles et restent dans des caisses, emballées....? et nous dit qu’il possède les photos de chacune de ses pièces (traduisez oeuvres) rangées dans des classeurs, par année. A la question : “Pourquoi craignez-vous que les anciens classeurs soient moins bons ?” l’homme répond : “ pour des raisons d’argent, tout d’abord” avant de nous expliquer sa timidité vis-à-vis de quelques grands marchands qui l’impressionnaient. Il avait dû faire en quelque sorte un parcours initiatique pour acquérir à son tour une notoriété dans le monde de l’art qui lui permettrait d’avoir davantage confiance en ses choix. L’interview extrêmement savoureuse dans lequel l’homme se livre sans retenue, s’il ne nous apprend absolument rien sur l’art d’aujourd’hui, nous confronte à la réalité d’une clientèle pour l’art contemporain qui recherche, à travers ses achats, une notoriété beaucoup plus durable et plus gratifiante que celle acquise dans le monde des affaires. |