Art Press - Juillet-Août 2007
| "Comment peut-on devenir un artiste indien ?" |
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| Il était déjà difficile dans nos campagnes d’être considéré comme un artiste dit "contemporain", alors pour passer pour "un artiste indien" afin d’avoir ses entrées dans la sphère très fermée du monde de l’art contemporain, ne faudra t-il pas bientôt avoir recours à la génétique ? Sous le titre cocasse : "Comment peut-on devenir un artiste indien ?" Deepak Anath signe un article dans l'introduction duquel il fait une analyse lucide des phénomènes "émergents" dans l’art liés aux nouvelles puissances économiques. Il relate ensuite les conditions dans lesquelles il fut amené, comme commissaire d’expositions en compagnie d’Henri-Claude Cousseau et Jany Lauge, à organiser la première grande exposition d’art indien à Paris. Il remarque que les productions artistiques qu’il avait repérées répondaient "au mot d’ordre crucial" du "local face au mondial". Il est intéressant de constater, au travers cette analyse, comment les différentes institutions et les nombreux agents institutionnels influents ont le pouvoir d’enregistrer la moindre parcelle de revendication émise par des individus ou des groupes d’individus sur l’ensemble de la planète et comment les choix artistiques s’opèrent. Les mouvements artistiques désignés comme émergents correspondent uniquement à l’élection planétaire des nouvelles puissances financières qui les abritent . Le problème du sens dans l’art dépendrait donc aujourd’hui, en priorité, d’une logique marchande planétaire. Elle investirait successivement tous les hémisphères de la planète pour en épuiser en les consommant toutes les ressources matérielles comme intellectuelles ... Les aveux, ici, d’un commissaire d’expérience sont révélateurs d’un moment de l’histoire de nos démocraties culturelles où le sens que l’on donne à l’art du moment dépend davantage des impératifs économiques que des préoccupations collectives voire universelles ... |
